Se sentir en lien : l’essence d’une véritable rencontre
Que cette année soit une invitation à des liens vrais, à des rencontres sincères.
Non pas plus de relation, mais plus de présence.
Que cette année soit un temps de vérité douce et d’authenticité tranquille.
Un temps pour honorer ce qui relie, réparer ce qui s’effiloche, accueillir ce qui commence.
Et dans chaque regard croisé, dans chaque silence partagé, sentir — encore — que nous ne sommes pas séparés. BELLE ANNEE A VOUS!
« Là où deux âmes se reconnaissent, le monde respire un peu mieux. »
Rencontrer, c’est se laisser toucher
Une rencontre n’est pas un simple croisement. Ce n’est pas un hasard de trajectoire, ni une coïncidence de lieu. C’est un événement intérieur, une ouverture. Quelque chose en soi s’écarte, pour laisser entrer un peu de l’autre.
Comme l’écrivait Lévinas, « la rencontre de l’autre m’arrache à moi-même ». Elle déplace, elle dérange parfois, mais toujours, elle éveille. On ne rencontre pas pour connaître : on rencontre pour ressentir. Pour se laisser traverser.
La reconnaissance mutuelle : socle du lien
Être en lien, c’est avant tout se reconnaître mutuellement. Pas seulement dans les mots, mais dans la présence. Reconnaître que l’autre existe en dehors de soi, avec son histoire, ses contours, ses mystères.
C’est cette reconnaissance réciproque qui engendre la sécurité émotionnelle. Elle fonde la confiance : celle de pouvoir être soi, sans devoir se défendre ou se prouver.
Reconnaître, c’est aussi renoncer à vouloir comprendre ou corriger. C’est laisser l’autre être, tel qu’il est, et lui offrir un espace où il puisse faire de même pour nous.
Être deux pour se rencontrer
Une rencontre n’existe que si deux êtres y consentent. Deux qui s’ouvrent. Deux qui risquent l’inconfort de la vérité. Car se sentir en lien suppose un mouvement réciproque d’ouverture.
Il ne suffit pas de vouloir être compris : encore faut-il oser se laisser voir, et accepter que l’autre aussi nous regarde.
Rencontrer, c’est donc accepter d’être touché et de toucher. C’est une forme d’intimité — pas seulement du corps, mais de l’être — où chacun accepte de déposer un peu de ses défenses.
Il ne s’agit pas d’une rencontre de façade, mais d’une rencontre du vivant. Un espace où l’on se sent relié, où quelque chose circule, où le silence devient langage.
Se dire pour rester vivant dans le lien
En ne me livrant pas, je me déconnecte de moi. Et plus je me déconnecte de moi, plus je me déconnecte de l’autre.
Quand je rejette l’autre, je me rejette. Quand je me ferme à l’autre, je me ferme à moi.
Si je ne dis pas ce que je suis, c’est peut-être par peur d’être jugé.e, rejeté.e, abandonné.e, ou de ne plus être aimé.e. Mais le face à face est une épreuve de vérité. C’est là que la rencontre prend tout son sens.
Car nos vies peuvent parfois ressembler à des apparences de lien : des conversations pleines de mots, mais pauvres d’échange. Des gestes d’habitude, mais sans réelle présence.
Le cadeau d’une vraie rencontre, c’est celui-ci : je t’apprends à mieux me connaître, apprends-moi à mieux te connaître.
Oser se dire, c’est offrir à l’autre la possibilité de nous rencontrer vraiment. C’est lui donner une chance d’aimer ce que nous cachons, et de se reconnaître, lui aussi, dans cette nudité partagée.
Le connu malheureux rassure, parce qu’il est familier. Mais il empêche le bonheur inconnu, celui qui naît du risque d’être vrai.
La lenteur comme chemin de confiance
Le lien ne se construit pas dans la hâte. Il a besoin de lenteur, de respiration, de patience. C’est dans la durée que naît la profondeur.
Se sentir en lien, c’est apprendre à ralentir, à ne plus chercher la réponse immédiate ou la fusion rapide. C’est observer, écouter, sentir — sans vouloir saisir. Laisser à l’autre le temps d’être là.
La lenteur n’est pas un frein : elle est la respiration du lien. Elle permet à la confiance de se tisser, à la présence de s’épaissir, et au silence d’avoir sa place.
Fidélité, confiance, lien vivant
Être fidèle, ce n’est pas rester quoi qu’il arrive. C’est demeurer vrai dans ce que l’on vit, et respecter le lien, même quand il se transforme.
Une relation n’est pas un dû. C’est un mouvement vivant, qui demande soin et ajustement. Un lien à entretenir, à clarifier, à habiter.
Nous sommes des êtres de lien. Et chaque fois que nous nous ouvrons vraiment à une rencontre, quelque chose de plus vaste nous relie : à l’autre, au monde, à nous-mêmes.
Se sentir en lien, c’est se souvenir que nous ne sommes pas séparés.
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